Kuma Kura naît sous la direction de Richard Monségu, batteur-chanteur inspiré par les musiques telluriques, et de Karim Sanou, alias Jahkasa chanteur et balafoniste burkinabé. Ce projet s’érige tel un pont transculturel, fusionnant les structures polyrythmiques du reggae roots avec les textures harmoniques ethno-world. Kuma Kura s’appuie sur une démarche anthropologique de collectage, réactivant les récits, proverbes et inflexions des langues mooré, bouaba, dioula et française, afin d’engendrer une polyphonie immersive où dialoguent oralité traditionnelle et innovations sonores.
COULISSE le vendredi 23 MAI à 19h entrée libre
Kuma Kura cherche à déconstruire le concept problématique de « musique du monde », à la fois fourre-tout, occidentalocentré et archaïque, et invite le public à décentrer son écoute. En se jouant des catégories figées, Kuma Kura ébranle les frontières convenues entre musiques « locales » et « globales », et propose une expérience sonore où les identités musicales se révèlent mouvantes, émancipées des carcans ethnocentriques. Plutôt qu’une appropriation exotique, ce projet aspire à une réciprocité musicale authentique, ancrée dans le respect des patrimoines culturels et dans une ouverture au dialogue entre les langages sonores. À travers des choix artis-tiques audacieux – tels que la réinvention de récits en langues vernaculaires, les hybridations rythmiques et les timbres d’instruments traditionnels mêlés aux pulsations contemporaines, intégration d’un systeme MIDI au n’goni – Kuma Kura instaure une poétique de l’altérité et invite l’auditeur à repenser la notion même d’origine musicale, en lui offrant une écoute décentrée et résolu- ment moderne.
Chant, batterie, percussions
Richard Monségu est un artiste aux multiples facettes, alliant l’intensité de la percussion à l’émotion du chant. Avec plus de 20 albums à son actif, il a réalisé de nombreuses collaborations internationales: Souleymane Faye Sénégal ; Pura Fé, USA ; Emy Dragoï, Roumanie ; Rabah El Maghani & Kamel, El Harrachi, Algérie.
Il a su forger un style unique qui transcende les genres, de la world music au jazz en passant par le rock et les musiques traditionnelles.
Dès son jeune âge, Richard est captivé par les mélodies de Stevie Wonder et Bob Marley et, dès 14 ans, il se lance dans la musique comme DJ et musicien autodidacte.
Son parcours artistique, enrichi de voyages et de rencontres multiculturelles, l’a conduit à explorer la musique africaine, arabe et gitane, qui l’inspire profondément dans son jeu percussif. Il développe un langage rythmique singulier, inspiré par les sonorités telluriques des musiques africaines, qui lui permet de dialoguer avec des danses et des traditions du monde entier.
Sa recherche artistique est nourrie par sa formation en sciences sociales et une approche inspirée par la sociologie critique et l’anthropologie, qu’il met au service de ses créations.
Fondateur du groupe et de la compagnie Antiquarks, Richard y crée un répertoire foisonnant, avec neuf albums et des pièces chorégraphiques. En tant que vocaliste et chanteur, il manipule les phonèmes pour créer une langue
imaginaire, transmettant une émotion pure et universelle inspirée de grands noms comme Bobby McFerrin et des voix méconnues du monde arabe et africain.


Fils de griots, Karim Sanou s’initie très jeune à la musique en pratiquant le balafon, la flûte peule, la percussion et le chant lors des fêtes et mariages traditionnels à Ouagadougou, Burkina Faso. Dès 10 ans, il devient balafoniste soliste au sein de la troupe Allah-Deme, avec laquelle il découvre les scènes européennes.
Autodidacte à la guitare, Karim puise son inspiration dans les sonorités mandingues (Salif Keita, Amy Koité) et dans la ferveur du reggae (Bob Marley, Tiken Jah). Cette fusion entre son héritage culturel et l’énergie du reggae prend vie dans ses premières compositions, donnant naissance à un style afro-reggae vibrant et universel.
En 2012, Karim fonde le groupe Jahkasa (JAH KArim SAnou) à Lyon.
Le premier album “Pompe à Fric” sorti en 2012, est une réflexion engagée sur les liens entre les continents africain et européen, appelant à une solidarité pour construire un avenir commun. Ce message résonne fortement auprès du public et marque le début d’une série de tournées en France, Suisse et Burkina Faso.
Rapidement suivi d ́un second, en 2016 « Enfants du Pays , les collaborations avec des artistes, comme Natty Dread, Toure Kunda, Yaniss Odua, Fantanh Mojah, ou encore les musiciens de Danakil, participent à une richesse réciproque.
Avec l’album « Née chikora , sorti en 2019, il rafle tous les trophées dans son pays : trois Marley d’or, une première au Burkina-Faso, et est nominé lors des Victoires du Reggae, pour le “meilleur album reggae africain”, en 2017 en France, puis Kunde du meilleur artiste de la diaspora.
L’enfant du Faso se fait vite repérer par son mentor : Tiken Jah Fakoly, qui, séduit par l’originalité de ses prestations scéniques, l’invite régulièrement à faire les premières parties de sa dernière tournée européenne et africaine. Tiken Jah Fakoly produit son dernier album,
« Kakistocratie , enregistré à Bamako, qui est sorti en février 2024.